Aspects de la classification des Nudibranches
La référence utilisée est celle de WoRMS (World Register of Marine Species)
Les Nudibranches
(Ordre Nudibranchia)
Ce sont les limaces de mer au sens strict. La coquille protectrice disparaît lors de la métamorphose de la larve, conférant aux nudibranches légereté et mobilité mais également vulnérabilité. Ils présentent une symétrie bilatérale du moins en apparence : le système nerveux, condensé vers l'avant, ne montre pas de torsion. Ils sont caractérisés par la présence d'une paire de rhinophores, tubes sensoriels pleins présents sur la tête. L'ordre des Nudibranchia qui comporte plus de 2500 espèces à l'échelle mondiale, se divise en deux sous-ordres sur la base de données moléculaires : les Cladobranches (Cladobranchia) et les Doridiniens (Doridina).

Coryphellina exoptata - A. Diringer
Les Cladobranches
Ils sont caractérisés par la glande digestive plus ou moins ramifiée, par la disparition de la cténidie (branchie des Mollusques) et par un anus positionné sur le côté droit. Tous carnivores, mais avec des spécialisations alimentaires qui permettraient d'expliquer leur diversifiation.
Ce groupe ne présente pas d'unité morphologique et leur systématique est encore en révision. On distingue 6 grandes sous-familles. L'infra-ordre des Eolidiens est désormais divisé en Aeolidioidea et en Fionoidea sur des bases essentiellement moléculaires.
De nombreuses espèces ont la particularité de pouvoir conserver intactes, dans des diverticules de la glande digestive, des zooxanthelles. Ce sont des algues symbiotiques présentes dans les tissus des cnidaires, source de nourriture. Ces zooxanthelles réalisent, en présence de lumière, la photosynthèse fournissant de la matière organique et du dioxygène à leur hôte.
Coryphellina exoptata (ci-contre) est une flabelline avec une morphologie type d'"éolidiens" : (a) rhinophores; (b) manteau dorsal ou notum ou dorsum; (c) tentacules oraux; (d) oeil; (f) pied; (g) papilles dorsales ou cerata; (h) glandes digestives.
Superfamilles de Cladobranches

Hypselodoris pulchella - A. Diringer
Les Doridiniens
Ce sous-ordre doit son nom à l'océanide Doris, nymphe aquatique de la mythologie grecque Il est caractérisé par le développement vers l'avant du manteau dorsal qui recouvre la tête en entourant les rhinophores et la position médio-postérieure de l'anus. Deux infra-ordres composent ce groupe. L'un regroupe des espèces d'eau froide ou profonde (Bathydoridoidea), absent à La Réunion. L'autre, les Doridiens (Doridoidea), très diversifié, comporte 4 super-familles. De nouvelles structures reproductives et tégumentaires apparaissent (les glandes mantelliques) à caractère répulsif. La spécialisation de leurs régimes alimentaires s'accompagne de celle de la radula. Ils sont fréquents dans les eaux tropicales de faible profondeur. Les espèces de l’Indo- Pacifique forment des clades séparés de ceux de l’Atlantique et de l’Est du Pacifique suggérant une évolution des espèces après la fermeture des communications entre ces différents océans.
Hypselodoris pulchella (ci-contre) est un exemple de Doridiniens : (a) extension antérieure du manteau; (b)Rhinophores lamellaires; (c) manteau dorsal ou notum ou dorsum; (d) oeil; (f) pied; (g) papilles dorsales ou cerata; (h) glandes digestives.



